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Pénurie mondiale de semi-conducteurs : la production automobile menacée

Ils sont presque invisibles à l’œil nu, plus petits qu’un grain de riz et pourtant capables de bouleverser toute l’industrie automobile. Les semi-conducteurs, ces minuscules composants électroniques, sont devenus aujourd’hui aussi indispensables que rares.

Véritables systèmes d’intelligence artificielle miniatures, ils jouent le rôle de “cerveau” non seulement dans tous nos appareils électroniques (smartphones, ordinateurs…) mais également dans nos voitures. Capables de faire fonctionner le véhicule, de gérer ses consommations, de coordonner le tableau de bord, la climatisation ou encore le GPS, les semi-conducteurs font aujourd’hui cruellement défaut et déstabilisent l’industrie automobile mondiale.

Des plus gros constructeurs aux plus petits sous-traitants, c’est en effet le secteur tout entier qui est touché. Faute de stock suffisant, de nombreuses usines sont obligées de réduire leur production, voire même de s’arrêter totalement.

Le Coronavirus, responsable de la pénurie mondiale de semi-conducteurs

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est bien le Coronavirus (encore lui…) qui est à l’origine de la pénurie de semi-conducteurs qui impacte le monde entier actuellement.

Depuis le début de la crise en 2020, les ventes d’électronique grand public ont grimpé en flèche, de nombreux foyers cherchant notamment à s’équiper pour le télétravail (smartphones, tablettes, ordinateurs…) ou pour occuper le temps passé à la maison (nouvelles consoles de jeux par exemple). De ce fait, la demande en composants électroniques a enregistré une hausse significative de 14 %, alors que la production, elle, ne suivait pas.

La crise sanitaire met également en lumière le problème de dépendance auquel sont confrontés les constructeurs automobiles. En effet, les productions européennes ne représentant que 10 % du marché mondial, la majeure partie de l’approvisionnement est assurée par les fabricants asiatiques. Taïwan par exemple centralise à elle seule 70 % de la production de semi-conducteurs puisque le leader mondial du secteur TSMC y est installé. 

L’industrie automobile, un secteur particulièrement touchée

L’industrie automobile représente seulement 10 % du marché des semi-conducteurs et peine donc à être approvisionnée face aux gros concurrents de la téléphonie mobile par exemple (30 % du marché). Le manque à gagner se chiffre néanmoins en milliards de dollars pour les constructeurs.

Il faut dire en effet que nos véhicules modernes, toujours plus perfectionnés, sont truffés de composants électroniques en tous genres. Airbags, radars de recul, GPS, tableau de bord… les semi-conducteurs sont partout !

Un ralentissement de la production automobile est à prévoir ses prochains mois…

Paradoxalement, c’est en pleine pénurie de composants que la demande explose, propulsée par le plein essor des véhicules hybrides et électriques dont le fonctionnement nécessite 2 à 3 fois plus de puces électroniques qu’une voiture équipée d’un moteur à combustion traditionnel. 

Les usines françaises durement impactées

D’après Claude Cham, président de la Fédération des Industries des Équipements pour véhicules (FIEV), ce sont ainsi 84 % des équipementiers français qui sont, de près ou de loin, impactés par la situation. Parmi les 300 sociétés automobiles regroupées dans la FIEV, près de la moitié a dû suspendre des lignes de production, plus d’un tiers a déjà mis des salariés en activité partielle et 38 % signalent des annulations ou reports de commandes.

Rien que pour le premier trimestre 2021, la production française a déjà été amputée de 970 000 véhicules. De manière générale, les professionnels du secteur craignent que cette pénurie de semi-conducteurs et, potentiellement, d’autres composants électroniques ne viennent freiner une reprise déjà compliquée au vu du contexte actuel.

L’usine Stellantis de Sochaux à l’arrêt toute la semaine

Même les grands groupes comme le géant européen Stellantis sont touchés. Mi-mars, l’usine PSA bretonne, située à Rennes – La Janais, qui produit notamment la Peugeot 5008 et le C5 AirCross, est restée à l’arrêt plusieurs jours avant de pouvoir relancer ses lignes de production.

Cette semaine, c’est au tour de l’usine de Sochaux dans le Doubs, berceau historique de la marque Peugeot, qui est obligée de s’arrêter pour la deuxième fois depuis le début de l’année. Faute de semi-conducteurs disponibles, c’est la paralysie complète pour ce site français qui assemble habituellement les Peugeot 308, 3008 et 5008 ainsi que l’Opel Grandland X.

L’usine Peugeot à Sochaux est particulièrement impacté par la pénurie de composant électrique

Quand on sait que l’usine de Sochaux peut produire à elle seule jusqu’à 1 800 voitures en une journée et 1 200 pour la nuit, on comprend vite que le manque à gagner est colossal. D’autant que le chiffre est bien entendu susceptible de continuer à grimper car l’incertitude plane encore quant à la date d’un possible retour à la normale.

Encore au moins un an de pénurie de semi-conducteurs ?

Sur le court et moyen terme, il y a de quoi s’inquiéter car la production est considérablement freinée alors que la demande repartait enfin à la hausse après une année 2020 compliquée.

On estime notamment que les commandes de ce début d’année ne pourront pas être honorées avant la fin de l’été. Il faut en effet compter quatre mois pour réaliser les 300 opérations qui permettent de transformer le silicium en semi-conducteurs. En espérant bien entendu que de nouveaux aléas ne viennent pas aggraver un retard déjà bien conséquent. On se passerait bien par exemple d’une livraison coincée dans un container coincé quelque part dans le canal de Suez….

Pauline R – Actuauto.fr

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